Dix ans après sa disparition, la mémoire de Timothée Kombo Nkisi demeure vivace, particulièrement dans la province du Kongo Central, dont il fut l’une des figures politiques marquantes.
Décédé le 14 avril 2016 à Paris, cet éminent fils du territoire de Madimba laisse derrière lui un parcours empreint de courage et d’engagement au service de la nation. Élu député en 2011 sur la liste de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), il s’est illustré dans un contexte politique particulièrement tendu.

À l’ouverture de la législature issue des élections du 28 novembre 2011, alors que les élus de son parti avaient boycotté la première plénière, Timothée Kombo Nkisi fut le seul à siéger, bravant ainsi la pression politique et la peur. En tant que doyen d’âge, le plus âgé des 500 députés, il fut désigné, conformément à la Constitution, président du bureau provisoire de l’Assemblée nationale. Ce bureau avait pour mission de valider les mandats des élus et de préparer l’installation du bureau définitif.

Dans ce bureau provisoire, Patrick Muyaya occupait le poste de rapporteur. Peu après la disparition de Timothée Kombo Nkisi en 2016, il lui avait rendu un vibrant hommage lors d’un entretien accordé à Radio Okapi. Il y partageait un souvenir marquant en ces termes : « Mon fils, au service de la République, il n’y a pas de couleur politique. »
Ce témoignage illustre la hauteur de vue de l’illustre disparu, qui avait fait le choix de privilégier les intérêts de la République au-dessus des appartenances partisanes.
À l’issue de la mise en place du bureau définitif, il sera élu deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, fonction qu’il occupait jusqu’à son décès en plein mandat. Aujourd’hui encore, son parcours reste celui d’un député de l’opposition qui a su braver les obstacles pour faire entendre sa voix et défendre la stabilité institutionnelle du pays. Son courage politique, son sens du devoir et son engagement méritent d’être salués et transmis aux générations futures.
Hommage à un homme de conviction, un bâtisseur discret, et un symbole de courage politique.
Marley Mamona



