La proclamation de Nkamba comme “Ville Sainte” par le Président de la République, Félix Tshisekedi, le 06 avril 2026, continue de susciter des réactions dans l’opinion publique congolaise. Parmi les voix les plus marquantes, celle du professeur Emmanuel Kongo MABILAMA, notable du Kongo Central, président et autorité morale du parti PPA, qui s’est exprimé pour défendre cette décision tout en recadrant les propos de Fulgence Muteba.
Une reconnaissance saluée par un notable Kongo
Le professeur des universités, Kongo MABILAMA a salué ce qu’il considère comme un acte historique du Chef de l’État en faveur de la culture et de l’identité du peuple Kongo. Il voit dans cette reconnaissance officielle de Nkamba une valorisation du patrimoine spirituel et ancestral congolais, profondément enraciné dans l’histoire du pays.

« Ce que le Chef de l’État a fait pour les Kimbanguistes, c’est la reconnaissance officielle du combat mené par Simon Kimbangu », a-t-il affirmé, soulignant que cette décision ne constitue en aucun cas une concurrence entre religions, mais plutôt une marque de respect envers une mémoire historique nationale.
Une mise au point face aux propos de l’Église catholique
Cette prise de position intervient après les déclarations de Mgr Fulgence Muteba, qui avait affirmé que « la seule Terre Sainte est celle où Jésus-Christ est né », suscitant de nombreuses réactions.
Pour Kongo MABILAMA, cette lecture est restrictive et ne tient pas compte de la diversité des traditions religieuses à travers le monde. Il rappelle que la République démocratique du Congo est un État laïc, où aucune confession ne peut imposer une vision unique des réalités spirituelles.
Dans cette logique, il explique que plusieurs religions reconnaissent des lieux saints différents : Nkamba pour les Kimbanguistes, La Mecque pour les musulmans, Jérusalem pour les chrétiens et les juifs, ou encore le Vatican pour les catholiques.

Le notable insiste également sur l’importance de préserver les valeurs ancestrales Kongo, tout en consolidant l’unité nationale. Selon lui, reconnaître Nkamba comme ville sainte revient à honorer une figure majeure de l’histoire congolaise et à affirmer une identité culturelle longtemps marginalisée.
« La République reste une et indivisible. Sa stabilité ne saurait être fragilisée par des prises de position confessionnelles mal orientées », a-t-il déclaré.
Très engagé dans la promotion des figures historiques du Kongo Central, Kongo MABILAMA s’est dit satisfait de cette reconnaissance qu’il qualifie de “justice historique”. Il estime qu’il a fallu la volonté politique du Président Félix Tshisekedi pour que Nkamba obtienne enfin ce statut symbolique.
Tout en réaffirmant son respect envers Mgr Fulgence Muteba, le président du PPA invite les leaders religieux et les acteurs publics à éviter les déclarations susceptibles de créer des tensions ou des incompréhensions au sein de la population.
Par ces propos, le professeur Kongo MABILAMA se positionne comme l’un des premiers leaders du Kongo Central à défendre publiquement la reconnaissance de Nkamba, tout en appelant à une meilleure compréhension des réalités culturelles et spirituelles propres à la RDC.
Bosco KIAKA

