À l’occasion de la soutenance de sa thèse doctorale à l’Université Pédagogique Nationale (UPN), la Docteure Francine Nzumba Nzinga a formulé une recommandation majeure : introduire l’enseignement de la fiscalité dès l’école secondaire et dans toutes les filières universitaires en République démocratique du Congo.
Cette proposition s’inscrit parmi les recommandations clés issues de ses travaux scientifiques, couronnés par l’obtention du doctorat en fiscalité avec la mention « la plus grande distinction ».
Une réforme éducative pour combattre l’ignorance fiscale
Dans son intervention, la nouvelle docteure a insisté sur la nécessité de vulgariser les notions fiscales auprès de la population, en commençant par le système éducatif.
Selon elle, l’absence de culture fiscale constitue l’une des principales causes de la faible mobilisation des recettes publiques et de la persistance de la criminalité fiscale en RDC.
« La fiscalité et la TVA restent parmi les notions les plus ignorées par la population. Il est essentiel d’enseigner la fiscalité dès l’école secondaire et dans toutes les facultés pour permettre à chacun de comprendre son importance », a-t-elle déclaré.
Cette recommandation découle d’un constat établi lors de ses recherches. Dans le cadre de son étude, Francine Nzumba a mené des enquêtes auprès de plus de 600 ménages et près de 1000 consommateurs, révélant que la majorité de la population ne maîtrise pas les notions de fiscalité, notamment la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA).
Elle souligne que cette méconnaissance a des conséquences directes : plusieurs citoyens ne paient pas leurs impôts par manque d’information, d’autres s’en acquittent sans comprendre leur utilité, la population reste peu exigeante vis-à-vis de la redevabilité de l’État.
« La population a du mal à payer les impôts parce qu’elle ne sait pas où va cet argent et ne comprend pas réellement son rôle dans le financement des charges publiques », a-t-elle expliqué.
La thèse de doctorale de Francine Nzumba, intitulée :
« La communication fiscale en République démocratique du Congo : un regard sur la TVA à l’intérieur et à l’importation (2012-2023) », met en évidence le rôle central de la communication dans l’amélioration du civisme fiscal.
Ses travaux démontrent que l’efficacité de la communication fiscale peut augmenter le nombre de contribuables et améliorer la compréhension de l’impôt, contribuant ainsi à une meilleure mobilisation des ressources publiques.
« La communication fiscale constitue l’âme de tout progrès dans la gestion des taxes et des impôts », a-t-elle soutenu devant le jury.
Pour la Docteure Nzumba, l’introduction du cours de fiscalité dans le système éducatif permettrait de : former une nouvelle génération consciente de ses obligations fiscales, renforcer le civisme fiscal dès le jeune âge, lutter efficacement contre la fraude et la criminalité fiscale, améliorer la transparence et la participation citoyenne dans la gestion des finances publiques.
Elle regrette que, jusqu’à présent, la fiscalité soit principalement enseignée dans les filières économiques, laissant une grande partie de la population dans l’ignorance.
À travers cette proposition, la Docteure Francine Nzumba appelle les autorités congolaises à réformer en profondeur l’éducation fiscale pour bâtir une société plus responsable et mieux informée.
Son plaidoyer s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer la gouvernance économique et l’autonomie financière de la RDC, en mettant la connaissance au cœur de la citoyenneté.
Cette initiative vient renforcer la volonté politique de Docteure Nzumba qui confirme son engagement à transformer la recherche scientifique en levier concret de développement et de réforme sociale.
Bosco KIAKA

