Madame Francine Nzumba Nzinga a obtenu le grade de Docteure en fiscalité avec la mention “la plus grande distinction” à l’issue de la soutenance publique de sa thèse doctorale organisée le vendredi 13 mars 2026 à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) à Kinshasa.
La soutenance s’est déroulée devant un jury académique, en présence d’étudiants, de membres de sa famille, de proches ainsi que du corps scientifique de l’université venus vivre ce moment historique.
Une thèse sur la communication fiscale et la TVA
La nouvelle docteure a présenté une thèse axée sur le thème : « La communication fiscale en République démocratique du Congo : un regard sur la Taxe sur la Valeur Ajoutée à l’intérieur et à l’importation ».
Dans son exposé, salué par les membres du jury comme « courageux et incisif », Francine Nzumba a résumé les résultats d’une longue recherche scientifique menée notamment à travers une enquête réalisée auprès de plus de 600 ménages et près de 1000 consommateurs, afin d’analyser la perception et la compréhension de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) par les contribuables congolais.
Selon la chercheuse, la communication fiscale constitue un levier essentiel pour améliorer la compréhension des impôts et renforcer le civisme fiscal.
« La communication fiscale constitue l’âme de tout progrès dans la gestion des taxes et des impôts. Elle permet de sensibiliser la population et de renforcer le civisme fiscal indispensable au financement des charges publiques de l’État », a expliqué le Docteure Francine devant le jury.
Une analyse approfondie du système fiscal congolais
Le travail doctoral de Francine Nzumba s’est particulièrement intéressé à l’évolution de la TVA entre 2012 et 2023 en analysant les performances des principales régies financières du pays, notamment la Direction Générale des Impôts (DGI) et la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA).
Les résultats de la recherche mettent en évidence : une évolution oscillatoire des assignations budgétaires et des recettes fiscales sur la période étudiée ; une forte dépendance du budget national aux recettes issues de la TVA à l’importation ; une faible mobilisation fiscale interne, liée notamment à une communication insuffisante autour de la TVA.
Les analyses économétriques ont également montré que les recettes de TVA à l’importation ont un impact significatif sur le budget national, avec une élasticité estimée à 0,81 %, démontrant la dépendance de l’économie congolaise aux recettes provenant du commerce extérieur.
Des recommandations pour améliorer la mobilisation fiscale
Face à ces constats, la thèse propose plusieurs pistes de solutions pour renforcer l’efficacité de la fiscalité en RDC. Parmi les recommandations figurent : le renforcement des campagnes de communication et de sensibilisation fiscale ; l’organisation de séminaires et formations dans les écoles, universités, entreprises et milieux communautaires ; la création de centres de gestion agréés pour accompagner les petits contribuables ; l’amélioration de la gestion et de la collecte de la TVA par les régies financières.
Selon la chercheuse, une meilleure communication fiscale pourrait augmenter le nombre de contribuables assujettis et améliorer la compréhension de l’impôt, contribuant ainsi à l’augmentation des recettes publiques.
La qualité scientifique du travail, la maîtrise du sujet et l’aisance de la candidate ont particulièrement marqué le jury. La récipiendaire s’est distinguée par son éloquence, la clarté de son argumentation et la précision de ses réponses, suscitant l’admiration de l’assistance.
Cette soutenance intervient également au mois de mars dédié aux droits des femmes, ce qui donne une portée symbolique à cette réussite académique.
Femme socio-politique, très engagé dans les actions humanitaires et originaire du Kongo Central, Francine Nzumba devient ainsi l’une des premières femmes de cette province à accéder au titre de docteure en fiscalité à l’UPN, un parcours qui inspire la nouvelle génération de chercheuses congolaises.
Avec cette distinction académique bien mérité, la nouvelle docteure confirme son engagement dans la recherche scientifique et dans la réflexion sur les réformes fiscales nécessaires pour renforcer l’autonomie financière et le développement socio-économique de la République démocratique du Congo.
Par BOSCO KIAKA

