Stéphane Muadi Van, figure de l’opposition congolaise et leader du Mouvement Réformateur Congolais, a vivement réagi à la récente conférence de presse du président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration tranchée, il accuse le chef de l’État de vouloir modifier la Constitution pour s’octroyer un 3ᵉ voire un 4ᵉ mandat, au-delà des deux mandats prévus par la loi fondamentale.
« Félix Tshisekedi ne devrait pas tourner en rond », affirme Muadi Van. « Pour ma part, il a clairement annoncé son intention de vouloir briguer un 3ᵉ voir un 4ᵉ mandat au-delà de ce que la Constitution lui autorise. La Constitution est claire : c’est 2 mandats et pas plus. Point barre. »
Pour étayer ses propos, l’opposant cite plusieurs dirigeants africains qui ont respecté la limitation des mandats : Patrice Talon au Bénin, Macky Sall au Sénégal, Mahamadou Issoufou au Niger, Olusegun Obasanjo au Nigeria ou encore Joaquim Chissano au Mozambique. « Ces hommes et femmes politiques peuvent sortir la tête haute et se voir attribuer des postes importants par la suite. Ils peuvent se retirer en paix et dignité avec tout le mérite et le respect qu’on leur doit. Ce sont des sages », souligne-t-il.
À l’inverse prenons l’exemple de Amérique du Sud où aucun président ne s’est permi de changer la constitution. Muadi Van estime que « quelqu’un qui veut se maintenir au pouvoir en changeant la Constitution à sa guise est considéré comme un hors-la-loi et devient dictateur ». Selon lui, « les gens qui s’accrochent au pouvoir ont trop pris goût au pouvoir et la vie de luxe et ont pour habitude de ne pas partager et de ne pas beaucoup travailler pour leur population et pays ».
Les risques d’une révision constitutionnelle selon Muadi Van
Le leader du Réformateur Congolais alerte sur les conséquences d’une telle démarche : « Félix Tshisekedi, en voulant briguer d’autres mandats, va créer un sérieux chaos psychologique au sein d’une grande partie de la population qui risque de s’en prendre aux institutions, déstabiliser géopolitiquement encore un peu plus le pays et s’approprier les pleins pouvoirs. »
Il interpelle directement le président : « Que Félix Tshisekedi nous dise exactement les articles qu’il souhaite changer et qui vont de ce fait améliorer la vie ou sécuriser les Congolais ? » Pour Muadi Van, le chef de l’État « se voit soudainement pousser des ailes car il croit que Donald Trump est de facto devenu son ami, ce qui est mal connaître le président des États-Unis qui n’est là que pour une chose ».
Il rappelle le sort d’anciens dirigeants : « Mobutu, Bouteflika, Alpha Condé, Ben Ali, Bongo, Gbagbo et bien d’autres ont tous foncé dans le mur et ont tous mal fini. Ils n’ont laissé aucune belle image. La plupart sont soit morts, soit oubliés au placard. »
Trois raisons de l’opposition de Muadi Van au changement de Constitution
Stéphane Muadi Van dit être « catégoriquement opposé » à toute révision constitutionnelle et avance trois arguments :
- La situation sécuritaire : « Le pays n’est pas en paix, nous sommes sous occupation par des ennemis rebelles, le pays est sous occupation et la population est menacée et sous pression. Félix Tshisekedi aurait dû stabiliser et sécuriser le pays et les Congolais au lieu de nous parler de changement de Constitution. »
- Le calendrier politique : « À deux ans de la fin de mandat, cela n’a pas de sens. Il fallait se pencher sur la question et dénoncer au début de son quinquennat. »
- L’absence de bénéfices concrets : « Le peuple congolais veut savoir en quoi le changement de Constitution va améliorer leur quotidien, quels sont ces articles magiques qui vont transformer le pays. »
« Nous allons nous battre »
Muadi Van conclut en annonçant la mobilisation de l’opposition : « Nous allons nous battre avec les autres forces en présence et faire comprendre à Félix Tshisekedi qu’il doit quitter le pouvoir en 2028 sans conditions. »
Ancien opposant à Joseph Kabila, Stéphane Muadi Van se positionne aujourd’hui comme l’un des critiques les plus virulents d’un éventuel changement constitutionnel sous Félix Tshisekedi.
BK

