Une nouvelle affaire présumée de détournement de fonds publics secoue la province du Kongo Central. Après plusieurs dénonciations et publications dans les médias, la justice congolaise envisage d’entendre le gouverneur de province, Grâce Bilolo, dans le cadre d’une procédure judiciaire en gestation.
Selon une information relayée ce mercredi 21 janvier par Top Congo FM, la Cour de cassation aurait saisi l’Assemblée provinciale du Kongo Central afin d’obtenir l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire contre le chef de l’exécutif provincial. dans un article titrée « La justice veut entendre le gouverneur du Kongo Central », consulté par kongo futur.cd, confirme cette démarche judiciaire.
D’après les informations recueillies par Top Congo FM, le gouverneur Grâce Bilolo est cité dans un dossier portant sur des faits présumés de malversations financières, non-versement des recettes issues des impôts et taxes provinciales, ainsi que le détournement de deniers publics. Le préjudice financier causé à la province est estimé à environ un million de dollars américains.
Cette réquisition de la Cour de cassation fait suite à une mission de contrôle de gestion menée par l’Inspection générale des finances (IGF) au cours de l’année écoulée. Cette mission aurait concerné notamment le gouvernement provincial, l’Assemblée provinciale ainsi que la direction provinciale des recettes. Selon la Cour, « ces faits paraissent constitutifs de l’infraction de détournement des deniers publics ».
Conformément à la loi, la poursuite d’un gouverneur en fonction est soumise à un privilège de juridiction. La justice doit, au préalable, obtenir l’autorisation de l’Assemblée provinciale avant toute instruction judiciaire. Cette procédure vise à protéger le chef de l’exécutif provincial contre des poursuites abusives ou politiquement motivées susceptibles de perturber la gestion de la province.
Réagissant à ces informations sur les ondes de Top Congo FM, le gouverneur Grâce Bilolo a déclaré n’avoir reçu aucune notification officielle à ce sujet.
« Je ne suis informé de rien. Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas reçu ce rapport de l’IGF », a-t-il affirmé.
Il précise par ailleurs que, selon lui, « après les confrontations d’usage, aucun détournement ne lui a été signifié », ajoutant que le dossier se serait arrêté « au niveau du ministre provincial des Finances ».
« Moi, en tant que gouverneur, je n’ai jamais eu de débat contradictoire concernant ce rapport. J’en entends parler à travers des rumeurs, mais je n’en ai jamais été officiellement notifié », a-t-il insisté.
Pour l’instant, cette affaire continue de susciter une vive polémique au sein de l’opinion publique. Elle intervient dans un contexte particulier, alors que les députés provinciaux sont actuellement en vacances parlementaires, à l’issue de la session de septembre, et se préparent pour la session ordinaire du 30 mars.
Cette nouvelle accusation vient ainsi s’ajouter à une série de controverses ayant marqué la gestion provinciale, provoquant déjà de nombreuses réactions au sein de la population du Kongo Central, en attente de clarté et de vérité judiciaire.
par Bosco Kiaka

