Et si la coexistence entre exploitation minière artisanale et industrielle passait d’abord par le dialogue ? C’est le pari fait par l’organisation IMPACT avec le lancement, ce mercredi à Kolwezi, du projet « Coexister pour durer », une initiative destinée à rapprocher les différents acteurs du secteur minier dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.
Financé par le gouvernement du Canada pour une durée de 24 mois, le projet intervient dans un contexte où les activités minières artisanales et industrielles se côtoient quotidiennement, avec des intérêts parfois différents et des incompréhensions qui peuvent alimenter les tensions autour de l’accès aux espaces miniers.
Faire du dialogue un outil de prévention des tensions
À Kolwezi, la question n’est plus seulement celle de la coexistence entre deux formes d’exploitation minière, mais aussi celle des mécanismes permettant aux acteurs concernés de travailler ensemble dans le respect du cadre légal.
C’est précisément sur ce terrain qu’IMPACT veut intervenir. « Coexister pour durer » entend créer et renforcer des espaces où les coopératives minières, les exploitants artisanaux, les entreprises industrielles, les autorités, la société civile et les communautés peuvent exposer leurs préoccupations et rechercher des solutions réalistes.
Le lancement a réuni plusieurs de ces parties prenantes, notamment le Vice-Gouverneur du Lualaba, Clément Mufundji Karl, ainsi que des représentants des coopératives de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, des entreprises et de la société civile.
Les deux provinces concernées figurent parmi les principaux territoires miniers de la RDC. L’exploitation industrielle y cohabite avec une importante activité artisanale qui fait vivre de nombreuses familles.
Mais cette proximité n’est pas toujours simple. La disponibilité limitée des zones d’exploitation artisanale autorisées, les activités artisanales observées dans ou autour de certaines concessions industrielles et les difficultés de concertation constituent autant de facteurs susceptibles de provoquer des incompréhensions.
Le projet « Coexister pour durer » veut donc agir en amont, en renforçant les capacités des acteurs et en améliorant leur connaissance des règles qui encadrent leurs activités.
Trois leviers pour construire une coexistence durable
Pour atteindre cet objectif, IMPACT mise sur trois principaux leviers.
Le premier consiste à renforcer la gouvernance et les capacités des coopératives minières, afin de leur permettre de mieux remplir leur rôle dans l’organisation de l’exploitation artisanale.
Le deuxième vise à améliorer la participation des parties prenantes et la compréhension des mécanismes liés à l’accès aux espaces miniers autorisés, particulièrement lorsque les activités artisanales se retrouvent confrontées à des droits miniers existants.
Le troisième, au cœur de l’initiative, consiste à consolider le dialogue multipartite entre tous les acteurs concernés.
Une médiation, pas une attribution de concessions
IMPACT insiste toutefois sur les limites de son intervention. L’organisation ne vient pas attribuer des sites miniers ni garantir aux exploitants artisanaux un accès aux concessions industrielles.
Les décisions relatives aux zones d’exploitation artisanale, aux titres miniers et aux espaces concernés restent de la compétence des autorités habilitées.
L’organisation entend plutôt faciliter le dialogue autour des situations rencontrées sur le terrain, notamment celles liées à la superposition des activités, dans le respect du Code minier et des droits des différentes parties.
Le projet prévoit par ailleurs d’intégrer les femmes et les jeunes dans ses différentes activités. Leur participation sera prise en compte dans les formations, les évaluations, les mécanismes de dialogue et l’analyse des obstacles à leur implication.
Pendant les 24 mois du projet, IMPACT prévoit notamment d’accompagner 20 coopératives minières dans le Lualaba et le Haut-Katanga et de contribuer au renforcement d’un cadre multipartite.
Félicien Mbikayi, Représentant pays d’IMPACT en RDC, Polycarpe Kumasamba, Chef de programme, et Armel Nganzi, Gestionnaire du projet « Coexister pour durer », figurent parmi les responsables chargés de la mise en œuvre de cette initiative.
Le lancement de Kolwezi marque ainsi le début d’un processus dont l’ambition est de transformer le dialogue en un véritable outil de prévention et de résolution des incompréhensions entre exploitation artisanale et industrielle.
Dans un secteur minier où les intérêts économiques, les moyens de subsistance des communautés et les enjeux de gouvernance se croisent, « Coexister pour durer » entend démontrer qu’une exploitation plus stable passe aussi par la capacité des acteurs à se parler, à comprendre leurs responsabilités et à construire des solutions dans le respect de la loi.
Bosco Kiaka










