Le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution continue d’alimenter la scène politique congolaise. Parmi les voix qui se distinguent dans cette réflexion nationale figure celle du professeur Emmanuel Kongo MABILAMA, coordonnateur national de l’Union des Fédéralistes Kongo (UFEKO), président du parti politique PPA et notable influent du Kongo Central.
À la suite du vote par l’Assemblée nationale de la proposition de loi organique relative à l’organisation du référendum, le professeur Kongo MABILAMA a relancé son plaidoyer en faveur d’un changement profond du système institutionnel congolais.
« Et si la RDC passait de son état actuel à un État fédéral en changeant la Constitution pour revenir à celle de Luluabourg du 1er août 1964 ? », s’est-il interrogé.
Un vieux combat remis au centre du débat national
Connu pour son engagement en faveur du fédéralisme, Kongo MABILAMA considère que le contexte actuel offre une occasion historique de repenser le fonctionnement de l’État congolais.
Pour le coordonnateur de l’UFEKO, la Constitution actuelle de 2006 a montré plusieurs limites, notamment dans la gestion des provinces et dans la cohésion nationale.
Il salue ainsi les avancées enregistrées dans le processus de révision constitutionnelle soutenu par le président de la République Félix Tshisekedi, estimant que cette dynamique pourrait ouvrir la voie à un débat plus large sur la forme même de l’État.
“Le fédéralisme n’est pas la balkanisation”
Face aux critiques souvent adressées au fédéralisme, le professeur Kongo MABILAMA insiste sur la nécessité de dépasser les peurs et les interprétations erronées.
« Notre faible cohésion nationale est due au fait d’avoir oublié ce qui devrait être notre boussole : la Constitution de Luluabourg. Notre État-nation existerait mieux à travers un fédéralisme scientifique, loin de tout fantasme de balkanisation ou de division », a-t-il déclaré.
Selon lui, le fédéralisme représente une solution moderne capable de renforcer le développement des provinces tout en maintenant l’unité nationale.
Le modèle de la Constitution de Luluabourg
Dans son argumentaire, le président du PPA rappelle que la République démocratique du Congo a déjà connu un système fédéral à travers la Constitution du 1er août 1964, dite Constitution de Luluabourg.
Pour Kongo MABILAMA, ce texte reposait sur plusieurs principes essentiels :
- la définition claire de la forme de l’État ;
- l’équilibre entre le pouvoir central et le pouvoir fédéral ;
- une meilleure organisation de la politique économique ;
- une gestion décentralisée des ressources et du développement.
Il estime que ce modèle pourrait permettre aujourd’hui aux provinces de mieux répondre aux besoins des populations et d’accélérer le développement local.
Un soutien réaffirmé à Félix Tshisekedi
Tout en défendant sa vision fédéraliste, Emmanuel Kongo MABILAMA a également réaffirmé son soutien au président Félix Tshisekedi, qu’il considère comme un dirigeant capable d’ouvrir une nouvelle page institutionnelle pour la RDC.
Le coordonnateur de l’UFEKO affirme accompagner toutes les initiatives visant à réformer l’État dans l’intérêt supérieur de la Nation.
Au-delà du débat constitutionnel, Kongo MABILAMA appelle les Congolais à renouer avec leur mémoire politique et historique.
« Nous devons restaurer notre conscience historique afin qu’ensemble nous écrivions notre propre histoire », a-t-il insisté.
À travers cette prise de position, l’UFEKO et le PPA renforcent leur présence dans le débat national sur l’avenir institutionnel de la RDC, en plaçant le fédéralisme comme une alternative qu’ils jugent essentielle pour le développement durable du pays.
Bosco KIAKA

