Après près de dix ans d’attente, l’inauguration de la centrale hydroélectrique de Kakobola, située à proximité de Kikwit, pourrait enfin intervenir le 24 mars 2026, sauf changement de dernière minute. L’annonce a été faite par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, dans une correspondance adressée aux entreprises contractantes impliquées dans le projet.
Selon cette correspondance, un envoyé spécial du Président de la République procéderait à l’inauguration officielle le 24 mars, tandis que le 25 mars serait consacré au lancement effectif de l’énergie électrique dans les installations de la Société nationale d’électricité à Kikwit.
Cette annonce suscite toutefois un débat au sein de l’opinion publique locale. Dans la ville de Kikwit, certains habitants s’interrogent sur la nature de l’électricité qui sera effectivement lancée : s’agira-t-il de l’énergie produite par le barrage de Kakobola ou de celle fournie par les centrales thermiques exploitées par la SNEL ?
Le mouvement citoyen Pona Congo réclame des clarifications sur ce projet attendu depuis plusieurs années. Son communicateur au Grand Bandundu, Jarjinho Mpungu, redoute que la population soit une nouvelle fois confrontée à une solution provisoire basée sur des générateurs.
Selon lui, la population a déjà connu des situations similaires où l’électricité était temporairement fournie lors de visites officielles avant un retour rapide aux coupures.
La société civile réclame l’énergie de Kakobola
De son côté, la société civile urbaine de Kikwit insiste sur la nécessité de mettre réellement en service l’énergie produite par le barrage. Son président, Dr Aimé Kavunga, estime que la mise en exploitation de Kakobola pourrait constituer un véritable moteur de développement économique pour la ville.
Il souligne que la disponibilité permanente d’une énergie hydroélectrique accessible permettrait de réduire la dépendance aux groupes électrogènes, souvent coûteux et polluants pour les ménages et les entreprises.
Malgré l’annonce de l’inauguration, le projet continue de faire face à certaines difficultés financières. Si le volet technique est estimé à environ 98 % d’achèvement, plusieurs entreprises impliquées dans les travaux accusent des retards de paiement.
La Générale des Carrières et des Mines cumulerait notamment plusieurs mois d’arriérés de salaires et de frais de fonctionnement. Par ailleurs, certaines factures de la société Angélique, chargée de la production et de la maintenance, ainsi que celles de WAPCOS, ingénieur-conseil du projet, et des sociétés MEK et APS, responsables du transport des lignes à haute tension, restent impayées.
Dans la ville de Kikwit et dans l’ensemble de la province du Kwilu, la population attend désormais avec impatience la concrétisation de ce projet énergétique majeur, perçu comme un levier essentiel pour l’amélioration de la vie quotidienne et le développement économique de la région.
Bosco KIAKA/ Actualité.cd





