Les agents et cadres de la Société nationale d’électricité, Société nationale d’électricité (SNEL), ont exprimé leur ferme opposition au projet de restructuration de l’entreprise publique, lors d’une assemblée générale tenue mercredi à Inga, dans la province du Kongo Central.
Prenant la parole au nom du personnel, Espérant Fundatela, président de la délégation syndicale locale, a clairement affiché la position des travailleurs :
« Au nom de tous les agents et cadres, nous rejetons avec la dernière énergie la restructuration de la SNEL. Inga constitue un site sensible et stratégique dont la voix doit être entendue », a-t-il déclaré.
Le projet de réforme, soutenu par le conseil d’administration de la SNEL, prévoit la scission de l’entreprise en trois entités distinctes, à savoir la production, le transport et la distribution de l’électricité.
Une perspective jugée « destructrice » par les agents, qui redoutent des conséquences négatives sur l’emploi, la stabilité professionnelle et la cohésion de l’entreprise. Ces inquiétudes ne se limitent pas à Inga, puisque des revendications similaires ont également été observées à Kinshasa.
À l’issue de l’assemblée générale, les agents se sont rendus au site du « manguier », lieu symbolique de prise de décisions à Inga, où ils ont organisé une cérémonie coutumière pour marquer leur rejet du projet.
Cette mobilisation traduit l’importance stratégique du site d’Inga, considéré comme le cœur de la production électrique en République démocratique du Congo.
Face aux arguments en faveur de la restructuration, les travailleurs ont tenu à rappeler les efforts déjà consentis pour améliorer les performances techniques de l’entreprise.
Selon Espérant Fundatela, 12 machines sur 14 sont actuellement en bon état de fonctionnement, une avancée significative qu’il qualifie d’« exploit », témoignant de l’engagement des équipes locales.
Le président syndical a également lancé un appel à la direction générale de la SNEL ainsi qu’à la ministre du Portefeuille, les invitant à se rendre sur place pour évaluer la situation réelle.
Il a plaidé pour une gestion de l’entreprise « à l’abri de toute influence politique », tout en appelant à l’unité des agents face aux défis actuels.
Au-delà de la question de la restructuration, les agents journaliers de la SNEL/Inga ont également soulevé leurs préoccupations sociales. Ils dénoncent notamment le blocage de leurs dossiers administratifs depuis trois ans, une situation qu’ils jugent préoccupante et urgente.
Cette revendication met en lumière les tensions sociales persistantes au sein de l’entreprise et souligne la nécessité d’une réponse rapide de la part des autorités compétentes.
Cette assemblée générale, tenue en présence du directeur de la production et des représentants de l’intersyndicale, reflète un climat de méfiance croissante entre les travailleurs et la direction autour du projet de réforme.
Bosco KIAKA avec Mobutu








