La rédaction de Kongo Futur revient sur une activité majeure organisée le 14 février 2026 par l’ASBL Kongo Dia Mpa. À l’occasion de ses cinq années d’existence, l’association avait placé cet événement sous le thème de l’autonomie et du développement communautaire, considéré comme l’un des événements les plus marquants du mois de février dans le territoire de Kasangulu. La rencontre, qui s’était tenue à la Planète Badiata, avait rassemblé des membres venus de divers horizons, y compris de l’étranger, pour dresser le bilan des cinq premières années de l’association et réfléchir aux perspectives d’avenir pour la jeunesse et les communautés du Kongo Central.
Dès l’ouverture de l’atelier, le Co-Secrétaire de l’ASBL Kongo Dia Mpa avait présenté le bilan de la branche Kisalu. Il avait souligné que 120 apprenants avaient été formés et diplômés, et que trois d’entre eux avaient intégré la structure afin d’assurer la continuité et la transmission des compétences. Ce premier bilan avait donné le ton : l’association ne se contentait pas de rêver le futur, elle agissait concrètement pour former une jeunesse compétente et consciente.
L’atelier avait ensuite pris une dimension historique et culturelle avec l’intervention du Ministre honoraire Costant Mamvidila Ndomanuel qui a fait la présentation de la carte de l’Empire Kongo de 1754 et de son évolution jusqu’à aujourd’hui, il avait montré comment l’espace Kongo s’était progressivement réduit. Il avait alerté sur les risques liés à la vente inconsidérée des terres ancestrales et avait insisté sur le rôle vital des grands clans – Sanku, Nzinga et Mpanzu – pour préserver l’équilibre social et culturel. « La terre est le cœur de notre identité », avait-il martelé, invitant chaque participant à une prise de conscience collective.
La parole avait ensuite été donnée au Pasteur Colin Nzolantima, également connu sous le nom de Sage Mbuta Nsongi a nzila, qui avait captivé l’auditoire avec ses enseignements sur la communication traditionnelle et le patrimoine naturel. Il avait expliqué comment les ancêtres utilisaient le Mfulu, les adages (bingana) et le kinzonzi pour transmettre savoirs et valeurs, tout en valorisant les vertus des plantes médicinales locales. Son message avait été clair : l’autonomie commence par la prise en charge individuelle et l’exploitation responsable des dons de chacun.
Le Grand Coordonnateur, Jean de Pierre Badiata , avait ensuite exposé la vision de l’organisation et le rôle de ses structures piliers : Kimbongo, Madiameto Makongo, Kisalu mu Nsi a Kongo et la Maison Juridique. Il avait rappelé le leitmotiv de l’association :
« Kongo kafueti vutuka muntima ye mavanga mani », soulignant que le Kongo doit revenir dans les cœurs et les actes. Il avait également indiqué que plusieurs mamans avaient bénéficié d’un soutien financier via la branche Kimbongo Kia Kongo pour développer leurs petits commerces.
Kongo Dia Mpa s’articule autour de quatre piliers stratégiques, véritables axes et projets structurants de son action. Dans le domaine de l’éducation, Malongi Ma Kongo vise la construction d’écoles et d’universités pour former des générations conscientes et compétentes. En santé, Mavimpi Ma Kongo prévoit la mise en place d’hôpitaux et de centres de santé dotés de matériels modernes et de personnel qualifié.
L’agriculture, avec Madiameto, cherche à atteindre l’autosuffisance alimentaire tout en développant la transformation locale des produits bruts du Kongo Central. Enfin, dans le secteur économique, Kimbongo Kia Kongo et Kisielele ambitionnent la création d’une banque et la construction d’une nouvelle cité, ouvrant la voie à de futurs projets de développement communautaire et entrepreneurial. Ces piliers définissent la vision de Kongo Dia Mpa et constituent les axes autour desquels toutes ses initiatives se structurent pour construire un Kongo nouveau.
Marley Mamona






