La cité de Panu, dans le territoire d’Idiofa (province du Kwilu), a vécu une journée de violentes tensions le mardi 03 février 2026, à la suite d’affrontements opposant des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) à des groupes de jeunes bandits communément appelés Kuluna. Contrairement aux rumeurs largement relayées, ces événements ne sont pas liés à une décision du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, ni à un quelconque soulèvement populaire dirigé contre les autorités.
À l’origine des troubles figure l’arrestation de trois chefs présumés de bandes Kuluna. Mécontents de l’interpellation de leurs leaders, des membres de ces groupes se sont attaqués aux forces de l’ordre, déclenchant des échauffourées violentes qui ont rapidement plongé la cité dans une panique généralisée.
Le bilan provisoire fait état de quatre morts, dont deux policiers et deux civils, ainsi que plusieurs blessés. Des coups de feu ont été entendus dans différents quartiers de la cité, notamment aux abords du commissariat de police, de l’hôpital et du couvent des missionnaires oblats de Marie Immaculée, présents à Panu depuis plus de 62 ans.
La peur s’est rapidement propagée au sein de la population. Plusieurs habitants ont passé la nuit en brousse, tandis que d’autres ont traversé vers les bancs de sable à la frontière avec la province du Maï-Ndombe, de l’autre côté de la rivière Kasaï, pour se mettre à l’abri. Les activités socio-économiques ont été totalement paralysées : marchés fermés, écoles et structures sanitaires à l’arrêt.
Contactée par notre rédaction, l’honorable Jolie Yama Nzalabar a lancé un appel au calme, tout en condamnant fermement la violence. Elle a exigé l’ouverture d’une enquête sérieuse afin d’identifier tous les auteurs de ces actes et a plaidé pour un renforcement du dispositif sécuritaire afin de rétablir l’ordre à Panu, privilégiant toutefois une solution pacifique entre les parties.

De son côté, l’administrateur du territoire d’Idiofa, Adelar Kintolo, a confirmé les incidents tout en indiquant qu’un retour progressif au calme était observé. Il s’est réservé de tout autre commentaire en attendant les conclusions des services compétents.
Face à la propagation de rumeurs, des sources officielles ont tenu à clarifier les faits :
les policiers impliqués étaient initialement en mission de maintien de l’ordre dans les villages Kinday et Mokala, à la suite de troubles survenus lors d’un tournoi de football. C’est à la demande du lieutenant en poste à Panu que leur intervention a été sollicitée pour traquer les Kuluna. Leur arrivée dans la cité a toutefois donné lieu à une escalade de la violence, conduisant aux incidents graves enregistrés.
Une enquête judiciaire a été ouverte afin d’établir les responsabilités et d’appliquer les sanctions prévues par la loi. Les autorités appellent la population au calme, à la discipline et au respect des institutions, en attendant l’issue de la procédure.
Il est enfin précisé que ces événements n’ont aucun lien avec une quelconque action du Vice-Premier ministre, du gouverneur ou des autorités locales, et qu’aucune tentative de nuire à leur image n’est à établir dans ce dossier.
Bosco KIAKA

