L’affaire impliquant le gouverneur de la province du Kongo Central, Grâce Bilolo, est désormais entrée dans une phase décisive. Après plusieurs jours de spéculations, de réactions politiques et de débats sur les réseaux sociaux, le Bureau de l’Assemblée provinciale a officiellement pris position à travers un communiqué signé ce jeudi 28 janvier 2026, autorisant la suite de la procédure judiciaire initiée par le Procureur général près la Cour de cassation.
À l’origine du dossier figure une mission de contrôle de gestion menée par l’Inspection générale des finances (IGF) au mois d’octobre dernier. Cette mission a concerné plusieurs structures provinciales, notamment le gouvernement provincial, l’Assemblée provinciale, la direction des recettes du Kongo Central ainsi que certaines Entités territoriales décentralisées (ETD). Les faits relevés ont conduit le ministère public à transmettre un réquisitoire sollicitant l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire contre le gouverneur de province.
Conformément aux dispositions constitutionnelles et légales, cette demande devait être examinée par l’organe délibérant provincial, le gouverneur bénéficiant d’un privilège de juridiction.
Le Bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central s’est réuni le mercredi 28 janvier 2026, de 12h30 à 14h30, dans la salle des plénières, pour statuer sur le réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation. Cette réunion s’est tenue en présence de tous les membres du Bureau, conformément à l’article 31 du Règlement intérieur.
Avant toute décision, le Bureau a reçu le gouverneur Grâce Bilolo pour échanges, dans un esprit de collaboration institutionnelle. Cette étape a permis au chef de l’Exécutif provincial d’être officiellement informé de la procédure engagée et de faire valoir ses premières observations.
Dans son communiqué officiel, le Bureau indique avoir minutieusement consulté les textes légaux encadrant son action, notamment : la Constitution, la loi organique n°13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la Cour de cassation, la loi n°08/012 du 31 juillet 2008 modifiée par la loi n°13/008 du 20 janvier 2013,ainsi que le Règlement intérieur de l’Assemblée provinciale.
Tenant compte des faits évoqués dans le réquisitoire, de l’urgence et du principe fondamental de la présomption d’innocence, le Bureau a décidé, à l’unanimité (5 voix sur 5), d’accorder l’autorisation au Procureur général près la Cour de cassation. Cette autorisation vise à permettre au gouverneur du Kongo Central, présumé innocent à ce stade, de présenter ses moyens de défense devant l’instance judiciaire compétente.
Contrairement à certaines interprétations hâtives, cette décision ne constitue ni une condamnation, ni une révocation politique. Elle marque plutôt le respect scrupuleux de la procédure et la volonté des institutions provinciales de laisser la justice faire son travail, dans le cadre de l’État de droit.
Du point de vue politique, l’affaire Grâce Bilolo révèle les tensions permanentes entre gouvernance provinciale, exigence de reddition des comptes et pressions de l’opinion publique. Elle met également à l’épreuve la maturité institutionnelle du Kongo Central, appelé à gérer un dossier sensible sans verser dans l’arbitraire ni l’impunité.
Dans la province comme au niveau national, l’évolution de ce dossier est suivie avec attention. Pour certains, il s’agit d’un signal fort de la lutte contre les mauvaises pratiques de gestion. Pour d’autres, le gouverneur pourrait être victime d’un contexte politique tendu autour de la gestion des finances publiques provinciales.
Une chose est certaine : la suite de la procédure se jouera désormais sur le terrain judiciaire. Et dans ce cadre, la présomption d’innocence demeure un principe intangible.
L’affaire Grâce Bilolo s’impose ainsi comme un moment charnière pour la gouvernance provinciale au Kongo Central, où justice, politique et institutions avancent sur une ligne de crête, sous le regard attentif de la population.
👉 Bosco Kiaka







