Pour la première fois dans l’histoire, la République Démocratique du Congo a célébré la Journée Internationale de la Femme Pêcheuse (JIFP), un événement mondial qui met à l’honneur le rôle vital des femmes dans la pêche, la transformation et la commercialisation des produits halieutiques. Organisé par le Réseau pour le développement intégral du Congo REDIC-AWFISHNET-RDC avec l’accompagnement du Ministère de pêche, Cette célébration inédite a eu lieu ce jeudi 06 Novembre à Kinkole, dans la capitale Kinshasa, au centre piscicole, un site emblématique de la pêche artisanale congolaise.
L’initiative de cette première édition en RDC est le fruit de la vision managériale et du leadership déterminé de Madame Patricia Maisha, présidente du Réseau pour le Développement Intégral du Congo (REDIC) et coordonnatrice nationale des femmes pêcheuses, transformatrices et commerçantes de poissons regroupées au sein de AWFISHNET-RDC.
Sous le thème mondial « Des rivières vers l’océan : notre travail, nos droits », cette journée a rassemblé des centaines de femmes venues de différents coins du pays, toutes habillées d’un uniforme symbolique orné de dessins de poissons, signe d’unité et de reconnaissance de leur travail souvent invisible mais essentiel à la souveraineté alimentaire du pays.
Un moment de reconnaissance et de plaidoyer
Dans son allocution d’ouverture, Madame Patricia Maisha a exprimé sa gratitude envers le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Ministre de la Pêche et de l’Aquaculture, ainsi que les partenaires techniques et financiers qui accompagnent les initiatives de la pêche artisanale.

« C’est avec un profond sentiment de fierté et de reconnaissance que je prends la parole en ce jour symbolique où le monde entier célèbre la femme pêcheuse. Cette journée constitue pour nous, femmes du secteur halieutique et aquacole, un moment de reconnaissance, de réflexion et d’engagement », a-t-elle déclaré.
Elle a rendu hommage à ces femmes courageuses, souvent dans l’ombre, qui se lèvent à l’aube pour aller sur les rivières, les lacs et les marchés, assurant la pêche, la transformation et la commercialisation du poisson.
« Par leur travail acharné, elles contribuent de manière significative à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et à la dynamisation de l’économie locale », a-t-elle ajouté.
Des défis persistants pour les femmes du secteur halieutique

Malgré cette reconnaissance, la Coordonnatrice nationale a rappelé les nombreux défis auxquels les femmes du secteur continuent de faire face :
l’accès limité aux ressources halieutiques,
le manque d’infrastructures adaptées,
l’absence de financements,
le faible accès à la formation technique,
et la sous-représentation dans les instances de décision.
Elle a lancé un appel aux pouvoirs publics pour intégrer la dimension genre dans toutes les politiques et stratégies de développement du secteur halieutique et aquacole, tout en sollicitant un soutien accru des partenaires pour la modernisation des outils de production et le renforcement des capacités des femmes.
La célébration de Kinkole s’inscrit dans un cadre plus large d’une campagne mondiale de cinq semaines, allant du 5 novembre au 10 décembre, liant trois grandes dates :
la Journée Internationale des Femmes Pêcheuses (5 novembre),
la Journée mondiale des peuples de pêcheurs (21 novembre),
et la Journée Internationale des Droits de l’Homme (10 décembre).
Cette campagne mondiale est un continuum de résistance et de reconquête pour les femmes de la mer, des lacs et des rivières qui, chaque jour, nourrissent leurs communautés tout en préservant les écosystèmes aquatiques.
La journée s’est clôturée dans une ambiance festive empreinte de solidarité, d’émotions et d’espoir. Les femmes pêcheuses ont exprimé leur joie de voir enfin leur travail reconnu et célébré publiquement.
« Quand les femmes de la mer se lèvent, le cours de la justice bascule », ont-elles scandé, rappelant que leur combat ne se limite pas à la pêche, mais touche à la dignité, à l’égalité et à la justice sociale.
Une victoire symbolique pour les femmes de la pêche en RDC
La célébration de cette première Journée Internationale de la Femme Pêcheuse en RDC marque une étape historique dans la reconnaissance du rôle des femmes dans le développement durable du secteur halieutique.
Sous l’impulsion de Patricia Maisha et du REDIC-AWFISHNET-RDC, la voix des femmes de la pêche artisanale s’élève désormais plus fort que jamais pour revendiquer leurs droits, défendre leurs acquis et construire une pêche plus équitable, responsable et inclusive au service de la République Démocratique du Congo.
par BOSCO KIAKA



















