Pendant trois jours, soit du 24 au 27 novembre 2025, les membres du Groupe Consultatif Régional pour l’Afrique (RAG Africa), chargé de la mise en œuvre des Directives Volontaires pour la Pêche Artisanale (DVPA), se sont réunis au Paradise Suites Hotel, à Kololi Kombo Nord, pour un conclave stratégique baptisé “Réunion en Face à Face”.
Un rendez-vous majeur qui a rassemblé des participants venus de plusieurs pays d’Afrique centrale, d’Afrique de l’Ouest et d’autres régions du monde.
Parmi les voix présentes, la République démocratique du Congo a été représentée par Madame Patricia Maisha, coordinatrice nationale des Femmes Pêcheuses, Mareyeuses et Transformatrices ainsi que présidente du REDIC–AWFISHNET–RDC. Une participation qui renforce la visibilité des acteurs congolais dans les débats continentaux sur l’avenir de la pêche artisanale.
L’objectif principal de la rencontre était de réunir les membres du RAG Africa et l’IPC/Crocevia afin de réfléchir sur les priorités du mouvement africain de la pêche artisanale.
Les discussions ont porté sur :
Le développement de nouveaux programmes de soutien aux communautés de pêcheurs, la protection des droits des pêcheurs et des femmes transformatrices, la valorisation du poisson et l’amélioration des chaînes de valeur locales, les perspectives post-COFI et le suivi des engagements du Sommet mondial des Pêcheurs Artisanaux.
La réunion s’est également penchée sur les menaces croissantes qui pèsent sur la pêche artisanale en Afrique, notamment la pêche illicite (INN), la pression sur les ressources halieutiques, le manque de soutien gouvernemental, l’absence d’équipements adaptés et les effets du changement climatique.
Un rejet clair de la pêche industrielle imposée
L’un des moments clés de la rencontre a été la position ferme des mouvements africains de la pêche face à la volonté croissante de certains acteurs d’implanter ou d’étendre la pêche industrielle sur les côtes africaines.
Les participants ont unanimement exprimé un refus catégorique de ce modèle, estimant qu’il menace directement :
la durabilité des ressources halieutiques, les moyens de subsistance des communautés côtières, la souveraineté alimentaire des pays africains, et l’équilibre écologique des zones maritimes.
Selon les acteurs présents, la pêche industrielle est incompatible avec les réalités socio-économiques des pêcheurs artisanaux, dont la survie dépend des ressources locales déjà fragilisées.
À l’issue des discussions, les membres du RAG Africa ont été invités à élaborer un communiqué commun, destiné à soutenir les efforts de plaidoyer au niveau local, national et continental.Ce document aura pour rôle :
de définir les prochaines étapes du mouvement, de rappeler les engagements des États quant à la mise en œuvre des DVPA, et d’appeler à la protection des droits des communautés de pêche artisanale.
Annonce d’un Sommet africain de la pêche artisanale en 2026
Les organisateurs ont profité du meeting de Banjul pour annoncer la tenue, en 2026, d’un Sommet continental sur la Pêche Artisanale.
Ce sommet :
s’appuiera sur les résultats de la réunion “Face à Face”, évaluera les progrès dans la mise en œuvre des Directives Volontaires, et formulera de nouvelles stratégies pour garantir la durabilité de la pêche artisanale en Afrique.
Un événement très attendu qui pourrait redéfinir les priorités des communautés de pêcheurs sur le continent.
La RDC active sur le terrain : Patricia Maisha porte la voix des femmes pêcheuses
Prenant la parole au nom de la délégation congolaise, Patricia Maisha a salué l’importance de ce cadre d’échanges. Elle a réaffirmé l’engagement de la RDC à soutenir :
le renforcement des capacités des femmes pêcheuses et transformatrices, la lutte contre la pêche industrielle non régulée, la mise en œuvre effective des DVPA au niveau national.
Elle a également soutenu le message continental de refus de la pêche industrielle, considérée comme une menace directe pour les millions de ménages vivant de la pêche artisanale en Afrique.
Pour clôturer la rencontre, les participants ont effectué une visite guidée au Port de pêche de Gambie.
Ils y ont rencontré : les pêcheurs locaux,
les femmes commerçantes et transformatrices,ainsi que les responsables des coopératives.
Ces échanges ont permis de mieux comprendre les défis quotidiens rencontrés dans les opérations de pêche : accès limité aux équipements, fluctuations des prix, concurrence industrielle, difficultés de conservation, et défis liés à la gouvernance locale.
Le meeting “En Face à Face” du RAG Africa à Banjul aura été un moment fort pour fédérer les acteurs de la pêche artisanale autour d’une vision commune : protéger les ressources halieutiques africaines et dire fermement non à la pêche industrielle. Les décisions prises posent les bases d’un plaidoyer renforcé pour 2026, alors que se profile un grand sommet continental dédié à la pêche artisanale.
Par Bosco KIAKA














