La Coalition des Progressistes Congolais (CPC), plateforme politique membre de l’Union sacrée de la Nation, a rendu publique ce vendredi 24 juillet 2026 une déclaration politique dans laquelle elle exprime son opposition à la tenue d’un dialogue inclusif, tout en se déclarant favorable à un dialogue constructif fondé, selon elle, sur la défense des intérêts supérieurs de la République démocratique du Congo.
La déclaration a été lue par le président et porte-parole de la plateforme, Pathy Katanga, devant les militants et sympathisants de la CPC.
Dès l’entame de son intervention, la plateforme a rappelé que, depuis sa création, elle se considère comme un défenseur des valeurs républicaines, notamment l’intégrité territoriale, l’indépendance et la souveraineté de la RDC. Selon la CPC, les différents dialogues organisés en période de conflit ont, par le passé, contribué à fragiliser les institutions du pays.
La CPC a également critiqué l’initiative portée par la CENCO et l’ECC, estimant que les deux confessions religieuses auraient engagé des consultations autour d’un dialogue inclusif sans tenir suffisamment compte de la diversité de l’opposition politique congolaise. La plateforme a, par ailleurs, reproché au Cadre des 64 (C64) de privilégier, selon elle, des intérêts politiques au détriment de l’intérêt général.
Des réserves sur un éventuel dialogue avec les groupes armés
Dans sa déclaration, la CPC affirme s’opposer à toute forme de dialogue qui conduirait, selon elle, à accorder une légitimité politique aux groupes armés ou à des personnalités accusées d’avoir pris part aux violences ayant endeuillé le pays.
La plateforme estime que les auteurs présumés de crimes commis contre les populations congolaises devraient répondre devant la justice plutôt que d’accéder à des responsabilités politiques. Elle rejette également toute perspective de retour aux mécanismes de « mixage » ou de « brassage » des forces armées, qu’elle considère comme ayant contribué à l’affaiblissement de l’armée nationale.
La souveraineté nationale au cœur des préoccupations
La CPC met également en garde contre ce qu’elle qualifie de risque de concessions territoriales dans le cadre d’éventuelles négociations de paix. Elle réaffirme que l’intégrité territoriale de la RDC ne peut faire l’objet d’aucune négociation et rejette toute éventualité de cession d’une partie du territoire national.
Les conditions posées par la CPC
La plateforme précise qu’elle ne pourrait participer à un dialogue qu’à certaines conditions, notamment :
- le respect absolu de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la RDC ;
- la création d’un Tribunal pénal international pour les crimes commis en RDC depuis plus de trente ans ;
- un débat sur la gouvernance, la démocratie et l’État de droit ;
- la lutte contre la corruption, les détournements de fonds publics et les réseaux mafieux étrangers ;
- le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Pour clore, la CPC appelle la population congolaise à demeurer vigilante face à l’évolution du processus de dialogue. Selon la plateforme, les citoyens doivent suivre attentivement les discussions et veiller à ce que les décisions prises préservent les intérêts de la nation et ne compromettent ni la souveraineté ni l’unité du pays.
Par cette déclaration, la Coalition des Progressistes Congolais réaffirme son attachement à un dialogue qu’elle qualifie de constructif, tout en rejetant un processus inclusif qui, selon elle, risquerait d’accorder une place à des acteurs impliqués dans les conflits armés ayant affecté la RDC.
Bosco Kiaka







