L’annonce a provoqué une vive onde de choc au sein de la communauté du Kwilu et du Grand Bandundu, mais aussi dans le paysage politique national. Claude Ibalanky, ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba (MNS) et ex-ambassadeur itinérant du président Félix Tshisekedi, a officiellement annoncé son ralliement au mouvement AFC/M23, selon des sources proches de la rébellion.
Originaire de la province du Kwilu, Claude Ibalanky est une figure connue des cercles politiques et diplomatiques congolais. Notable du Grand Bandundu, il s’est illustré par le passé dans les coulisses de la diplomatie congolaise. Plusieurs sources lui attribuent un rôle discret mais important dans l’établissement de contacts entre Félix Tshisekedi, alors leader de l’opposition, et certains pays anglophones de la région, notamment l’Afrique du Sud, l’Ouganda et le Kenya. Il est également cité parmi les acteurs ayant contribué aux discussions ayant abouti à la coalition FCC-CACH, négociée à Nairobi en 2018.
Écarté de la présidence depuis près de deux ans pour des raisons non officiellement élucidées, Claude Ibalanky avait progressivement disparu des cercles décisionnels. Son éloignement du pouvoir avait déjà suscité des interrogations, d’autant plus qu’il s’était illustré par le passé en saisissant la justice, au nom du MNS, pour solliciter l’abandon de poursuites judiciaires visant certains responsables du mouvement M23.
D’après nos sources, Claude Ibalanky se trouverait depuis plusieurs jours à Goma, où il serait engagé dans des discussions en vue de formaliser son adhésion à l’AFC/M23. Cette information a été relayée ce vendredi par des communicateurs du mouvement rebelle, qui confirment sa présence dans la ville.
Responsable du regroupement politique REPOP, Ibalanky avait récemment exprimé publiquement sa frustration face à son éviction prolongée des sphères de pouvoir. Dans une publication datée du 28 janvier, il écrivait notamment :
« Si l’on vous interdit de manger dans une maison, allez-vous mourir de faim pour prouver votre loyauté ?
Si un coach vous met au banc à vie, est-ce la fin de votre carrière… ou la fin de cette équipe pour vous ? »
Ces propos, interprétés a posteriori comme un signal de rupture, alimentent aujourd’hui les débats sur ses motivations réelles.
Au sein de la communauté du Kwilu, cette annonce est perçue comme une trahison de la notabilité locale, suscitant inquiétudes, incompréhension et indignation. Plusieurs voix redoutent l’impact symbolique et politique de ce ralliement, dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités nationales n’a encore été rendue publique. L’évolution de ce dossier est suivie de près par l’opinion nationale, tant les implications politiques et sécuritaires pourraient être significatives.
par Bosco KIAKA

