La situation des détenus de la prison centrale de Bandundu, dans la province du Kwilu, suscite une vive inquiétude au sein de la société civile. Selon des sources locales, les 371 pensionnaires de cette maison carcérale, dont cinq femmes et dix mineurs, traversent une crise humanitaire préoccupante.
D’après les alertes lancées par des acteurs de la société civile, aucune ration alimentaire n’aurait été acheminée depuis près de huit mois par les autorités compétentes. Les détenus survivraient essentiellement grâce à l’assistance de particuliers et de proches, dans un contexte marqué par un accès très limité, voire inexistant, aux soins de santé.
Le vice-président du cadre de concertation de la société civile du Kwilu, Placide Mukwa, a tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, la situation ne concernerait pas uniquement Bandundu, mais toucherait également d’autres établissements pénitentiaires de la province. Il appelle à des mesures urgentes afin d’éviter une aggravation des conditions de détention.
Au-delà de la question alimentaire, les conditions générales de vie seraient extrêmement difficiles : surpopulation, manque d’assistance médicale, hygiène précaire et lenteur dans le traitement des dossiers judiciaires. Plusieurs détenus seraient encore en attente de jugement, prolongeant leur séjour en détention sans décision définitive de justice.
Cette alerte intervient alors que la ville de Bandundu s’apprête à accueillir la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, prévue du 3 au 7 mars, avec la participation annoncée du Président de la République et de plusieurs autorités nationales. Pour de nombreux observateurs, le contraste est frappant entre l’organisation d’un grand rendez-vous institutionnel et la situation critique que traversent les détenus locaux.
La société civile rappelle que les détenus, bien que privés de liberté, demeurent titulaires de droits fondamentaux garantis par la loi. Elle exhorte le gouvernement à rétablir sans délai l’envoi des fonds et des rations alimentaires, à améliorer la prise en charge sanitaire et à accélérer les procédures judiciaires en souffrance.
Sans intervention rapide, préviennent les acteurs locaux, la prison centrale de Bandundu pourrait faire face à une catastrophe humanitaire silencieuse, aux conséquences humaines et sanitaires graves pour l’ensemble de la province du Kwilu.
Bosco KIAKA


