Trois journalistes ont passé leur première nuit en détention au cachot du Parquet de Grande Instance de Matadi, après avoir été placés, vendredi 13 février dans la soirée, sous mandat d’arrêt provisoire (MAP).
Il s’agit de, André Matombe, Moïse Mvumbi et Christelle Makengo. Ils sont poursuivis pour diffamation, à la suite d’une plainte déposée par une dame journaliste présentée comme proche du président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central.
Au cœur du dossier figure la diffusion d’informations alléguant que la plaignante aurait été mise enceinte par le président de l’organe délibérant provincial. Des faits que la partie plaignante considère comme attentatoires à son honneur et à sa réputation.
Initialement, un mandat d’amener visait quatre journalistes. Outre le trio actuellement détenu, le journaliste Erick Solo figurait également parmi les personnes interpellées. Toutefois, selon des sources proches du dossier, il a été libéré faute de preuves suffisantes à son encontre.
« Erick Solo a été libéré faute de preuves, mais nous trois sommes restés ici et passons notre première nuit au cachot », a confié l’un des journalistes concernés.
Lors de la deuxième comparution organisée vendredi au parquet, la plaignante ne s’est pas présentée physiquement. Les journalistes ont été confrontés à une personne agissant par procuration en son nom.
Selon Kongo Média proche de dossier, la représentante n’aurait pas démontré clairement où et comment les journalistes auraient diffamé la plaignante. Il est notamment avancé que ni le nom du président de l’Assemblée provinciale, ni celui de la plaignante ne figureraient explicitement dans les publications incriminées.
Cette situation soulève des interrogations sur la régularité de la confrontation et sur la solidité des éléments constitutifs de l’infraction de diffamation.
Cette arrestation intervient dans un climat politique marqué par des tensions perceptibles entre le gouvernorat et l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Il est également relevé que les trois journalistes concernés sont réputés proches du camp du gouverneur, qu’ils défendent régulièrement à travers leurs interventions médiatiques sous le titre de communicateurs.
Le placement sous mandat d’arrêt provisoire signifie que les intéressés restent détenus en attendant la fixation de l’affaire devant la juridiction compétente.
À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par les organisations professionnelles des médias et de soutiens sont apportées d’une manière à une autre… Toutefois, plusieurs observateurs estiment que ces structures pourraient se saisir du dossier dans les prochaines heures afin de plaider pour le respect des droits de la défense et, éventuellement, solliciter une liberté provisoire.
En attendant, sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient. Les publications et commentaires vont dans tous les sens, traduisant la sensibilité et la portée médiatique de cette affaire dans la province.
KongoFutur.cd




