La séance plénière de ce mardi 2 décembre à l’Assemblée provinciale du Kongo Central a révélé un contraste frappant entre les engagements de transparence financière souvent affichés par les autorités provinciales et les difficultés persistantes dans la gestion quotidienne des services publics. De la reddition des comptes 2024 aux tensions autour de la SNEL à Kisantu, les débats ont mis en évidence un décalage que les élus provinciaux disent vouloir corriger.
Présentant les résultats de l’édit rectificatif 2024, le ministre provincial des Finances, Djos LUYEYE, a indiqué un taux de réalisation des recettes de 58,78 %, soit 336,5 milliards de FC sur les 572,5 milliards prévus. Les dépenses ont été exécutées à 57,75 %, un niveau jugé insuffisant au regard des ambitions annoncées au début de l’exercice.
Pour plusieurs députés, ces chiffres illustrent non seulement une fragilité dans la mobilisation des ressources, mais également des incohérences dans la priorisation des dépenses. Ils ont dénoncé des choix budgétaires peu alignés sur les besoins essentiels, notamment l’absence d’investissements structurants dans des secteurs clés comme l’accès à l’énergie, les infrastructures ou les services sociaux de base.
Face à l’ampleur des interrogations, le ministre a demandé un délai supplémentaire pour répondre de manière précise. Il devra revenir devant les élus le 4 décembre.
La motion d’information de l’Honorable Billy N’TUNGA a illustré de manière concrète les difficultés rencontrées par la population sur le terrain. À Kisantu, la SNEL est accusée d’exiger le paiement d’anciennes factures, certaines datant de plusieurs décennies. Une pratique qui, selon l’élu, « traduit un manque criant de rigueur administrative et une absence de communication avec les usagers ».
Cette situation relance le débat sur la gouvernance des entreprises publiques et leur capacité à fournir un service fiable et équitable. Pour les élus, l’incident de Kisantu est révélateur d’un problème plus large : la méfiance grandissante des citoyens envers les institutions censées les servir.
Le Président de l’Assemblée provinciale, Victor NSUAMI MPAKA, a assuré que les responsables provinciaux de la SNEL seront convoqués pour expliquer ces méthodes jugées opaques. Selon lui, il est urgent de « rétablir une relation de confiance entre les services publics et la population ».
La plénière a également insisté sur la nécessité d’améliorer la planification et le suivi de l’exécution budgétaire afin que les politiques publiques correspondent réellement aux attentes des habitants du Kongo Central.
Bosco Kiaka

