Deux proches collaborateurs de l’ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, Papy Mantezolo, sont attendus au Parquet général près la Cour d’appel du Kongo Central dans le cadre d’une enquête sur des présumés détournements de fonds publics au sein de l’organe délibérant provincial.
Le Parquet général a émis deux mandats de comparution visant Pascal Miantezolo Ngoma, intendant de l’Assemblée provinciale, et Ronald Bikindu Kinkela, ancien directeur de cabinet du président honoraire Papy Mantezolo. Les deux présumée sont appelés à se présenter devant la justice ce jeudi 12 mars à 10 heures.
Cette procédure judiciaire fait suite à un rapport jugé accablant d’une commission spéciale chargée d’effectuer un état des lieux financier et patrimonial de l’Assemblée provinciale. Les investigations portent principalement sur la période de gestion de Papy Mantezolo à la tête de l’institution.
Selon les conclusions de cette commission, l’ancien Directeur de cabinet, Ronald Bikindu Kinkela est principalement poursuivi pour détournement présumé de fonds publics. Le rapport évoque notamment des prélèvements systématiques de 20 millions de francs congolais à chaque paie, effectués sous décharge pour des besoins non élucidés. Il est également cité dans le dossier relatif à l’achat des véhicules des députés provinciaux, où un écart estimé à près de 900 000 dollars américains aurait été constaté. Par ailleurs, son nom apparaît dans une commande jugée litigieuse de papiers à en-tête pour un montant de 8 625 000 FC.
De son côté, Pascal Miantezolo Ngoma, en sa qualité d’intendant de l’Assemblée provinciale, est mis en cause pour une gestion qualifiée de « légère », marquée selon la commission par des faits de complicité et de surfacturation. Le rapport met en évidence un écart de 73 millions de FC dans les comptes de l’intendance, resté sans justification. Il lui est également reproché des achats d’équipements à des prix jugés excessifs, notamment une photocopieuse acquise à 6 500 dollars, bien au-delà de sa valeur sur le marché local.
Réagissant à ces révélations, le président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, Victor Nsuami Mpaka, a dénoncé des pratiques qui, selon lui, portent atteinte à la gestion des ressources publiques. Il a rappelé que ces fonds auraient dû servir au bien-être social des députés provinciaux et du personnel administratif, dont certains éprouveraient des difficultés à accéder aux soins de santé.
Adopté à la majorité le 23 décembre dernier, le rapport de la commission spéciale recommande des sanctions sévères afin de lutter contre la corruption et d’instaurer davantage de transparence dans la gestion de la première institution provinciale.
L’audition prévue ce jeudi au Parquet général devrait permettre d’éclairer davantage la justice sur ces accusations. L’évolution de ce dossier est désormais suivie de près par l’opinion publique du Kongo Central, dans un contexte où les questions de bonne gouvernance et de reddition des comptes occupent une place centrale dans le débat provincial.
KF avec KM

