Les récentes et violentes inondations qui ont frappé Kinshasa ont fait de nombreuses victimes et provoqué d’importants dégâts matériels, plongeant plusieurs quartiers dans la détresse. Parmi les images marquantes ayant circulé sur les réseaux sociaux, l’une a particulièrement retenu l’attention : celle du Pasteur Richard Diyoka, figure religieuse influente et responsable de l’église Shekinah Tabernacle, aperçu à bord d’une pirogue devant son église inondée.
La scène, presque surréaliste, montre l’homme d’église, habituellement vu dans une luxueuse jeep, se frayer un chemin sur les eaux à proximité du pont Ndjili, dans la zone dite « Mayi ya Ndjili », l’un des épicentres de la catastrophe.
Si la photo a d’abord suscité de la compassion et de la solidarité, elle a rapidement tourné à la controverse. De nombreuses voix s’élèvent désormais pour pointer du doigt la responsabilité présumée du Pasteur Diyoka dans l’aggravation de cette catastrophe. Il lui est reproché d’avoir fait ériger son imposant lieu de culte en obstruant plusieurs caniveaux essentiels à l’écoulement des eaux de la rivière Mayi ya Ndjili. Une accusation lourde, dans un contexte où chaque détail peut faire basculer une situation déjà critique.
Conséquence directe de ces inondations, le culte dominical de l’église Shekinah Tabernacle a été annulé, une première dans l’histoire de cette congrégation qui rassemble chaque semaine des milliers de fidèles.
Alors que l’émotion est encore vive dans la capitale, la question de la responsabilité humaine dans cette tragédie prend de plus en plus d’ampleur. Les autorités, sous pression, ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur les causes réelles de ces inondations et déterminer d’éventuelles fautes ou négligences.
Pour le Pasteur Diyoka et son église, l’heure est grave. Entre défense de son honneur, attentes de ses fidèles et pression populaire, il devra faire face à une opinion publique divisée, mais de plus en plus exigeante sur les questions d’urbanisme, de justice sociale et de protection de l’environnement.
Affaire à suivre…
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