La première rencontre du Forum Africain sur la Pêche Artisanale s’est tenue du 16 au 22 novembre à Saly, au Sénégal, réunissant des délégations venues de plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. Pendant six jours, les participants ont débattu de l’avenir de la pêche artisanale, un secteur clé pour la sécurité alimentaire, les économies locales et la préservation des écosystèmes aquatiques.
Organisé par le Collectif National des Pêcheurs du Sénégal (CNPS), en collaboration avec le CONIPAS et le Forum Mondial des Peuples Pêcheurs (WFFP), ce rendez-vous continental a rassemblé des pêcheurs, des experts, des représentants de communautés, ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers engagés dans la gestion durable des ressources halieutiques.
La République démocratique du Congo a été représentée par Madame Patricia Maisha, présidente nationale du REDIC–AWFISHNET–RDC et coordinatrice nationale des Femmes Pêcheuses, Mareyeuses et Transformatrices. Très engagée dans la défense des droits des pêcheurs en RDC, elle a figuré parmi les acteurs majeurs de ces assises.
Durant ses interventions, Patricia Maisha a mis en avant les défis rencontrés par les communautés de pêche artisanale en RDC, notamment l’accès aux eaux, la pression sur les ressources, l’absence d’encadrement structuré et les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes transformatrices. Elle a salué l’initiative du forum, estimant qu’il constitue « un espace essentiel pour faire entendre la voix des pêcheurs africains et rappeler la nécessité d’une gouvernance inclusive et durable ».
Des menaces croissantes sur la pêche artisanale
Les échanges ont largement porté sur les menaces qui pèsent sur la pêche artisanale en Afrique. Les participants ont dénoncé :
l’accaparement des océans par certaines entreprises,l’expansion de l’aquaculture industrielle,les programmes de conservation orientés marché, dont l’initiative 30×30,la criminalisation et la militarisation de la pêche dans certains pays, qui excluent particulièrement les jeunes du secteur.
Les participants ont réaffirmé leur engagement à défendre les droits humains, les territoires aquatiques, les lacs, les rivières et les terres des peuples de pêche. Une attention particulière a été portée aux femmes pêcheuses, confrontées à une précarité croissante et à des obstacles persistants dans l’accès aux ressources.
Célébration de la Journée mondiale de la pêche
Le 21 novembre, les délégations se sont réunies à Mbour pour célébrer la Journée mondiale de la pêche, en hommage aux pionniers du CNPS Sénégal. La rencontre a rassemblé des pêcheurs locaux, des mareyeuses, des jeunes et plusieurs communautés côtières, dans une ambiance de solidarité et de mobilisation.
À cette occasion, les participants ont exhorté les gouvernements africains à :
reconnaître les peuples de pêche comme détenteurs de droits,les impliquer dans l’élaboration des politiques halieutiques,appliquer les Directives pour la pêche artisanale de la FAO, maintenir les petits pêcheurs au cœur des agendas de la COFI et de la FAO,aligner les politiques de l’Union africaine sur ces Directives, avec une participation effective des communautés de pêcheurs.
La FAO a également été encouragée à renforcer son appui au SSF–GSF, qui occupe une place cruciale dans la promotion d’une pêche artisanale durable.
L’objectif du forum était d’amplifier la voix africaine au sein du mouvement mondial de la pêche artisanale. Les participants ont souligné l’importance stratégique des pêcheurs dans la souveraineté alimentaire, la protection des ressources aquatiques et la justice sociale.
Pour la RDC, la participation de Patricia Maisha a constitué un moment fort. Elle a profité de la tribune pour présenter les réalités du secteur halieutique congolais et plaider pour des politiques nationales plus inclusives.
À l’issue des travaux, les participants se sont engagés à poursuivre leur mobilisation pour un avenir juste, durable et solidaire en faveur des communautés de pêche artisanale.
Bosco KIAKA








