Après plusieurs semaines de débats politiques, juridiques et médiatiques, le dossier judiciaire visant le Gouverneur de la province du Kongo Central, Grâce Bilolo, entre dans une phase décisive. Autorisé à l’unanimité par le Bureau de l’Assemblée provinciale, le Parquet général près la Cour de cassation s’apprête à entendre le chef de l’exécutif provincial dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte à sa charge.
L’autorisation accordée par l’Assemblée provinciale du Kongo Central fait suite à un vote unanime de ses membres, permettant au Procureur général près la Cour de cassation d’engager des poursuites et d’entendre le Gouverneur. Cette étape institutionnelle franchie, le retour du Gouverneur à Matadi avait été retardé par l’attente formelle de son invitation à comparaître devant la haute juridiction.
Selon des sources judiciaires concordantes, le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, alors en séjour officiel à Bruxelles (Belgique), était attendu à Kinshasa pour poursuivre l’instruction judiciaire visant le Gouverneur Grâce Bilolo. En sa qualité de chef du parquet général près cette juridiction, il supervise une procédure fondée sur un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF), évoquant des faits présumés de détournement de deniers publics.
Les accusations portent sur un détournement présumé de plusieurs millions de francs congolais, et trouvent leur origine dans une enquête de l’IGF. Sur base de ce rapport, le Procureur général près la Cour de cassation, par l’entremise du Premier avocat général, avait saisi l’Assemblée provinciale afin d’obtenir l’autorisation d’ouvrir une instruction à charge du Gouverneur du Kongo Central.
Par ailleurs, en marge de cette procédure judiciaire en cours, le Gouverneur Grâce Bilolo ferait également face à une plainte déposée par des notables issus de 396 groupements de la province, l’accusant d’un détournement présumé de 50 millions de dollars américains. Cette plainte, bien que distincte, contribue à renforcer la pression politique et judiciaire autour du dossier.
Ce vendredi 06 février 2026, le Gouverneur Grâce Bilolo a été officiellement invité à comparaître devant la Cour de cassation le lundi 09 février 2026. L’invitation, signée par le Procureur général près la Cour de cassation, lui a été notifiée dans l’après-midi. L’information a été confirmée par Martin Solo, conseiller du Gouverneur en communication.
Selon ce dernier, cette comparution s’inscrit dans une procédure judiciaire normale, consécutive à l’émission d’un réquisitoire du parquet, après une enquête approfondie de l’Inspection Générale des Finances. L’IGF évoque des faits présumés de malversations financières et de détournement de fonds publics, estimés à près d’un million de dollars américains. Cette démarche a été validée par le Bureau de l’Assemblée provinciale à l’issue d’un vote unanime.
Toutefois, bien avant la notification officielle de cette invitation, le camp du Gouverneur avait rejeté en bloc les accusations, affirmant que le rapport de l’IGF brandi par l’accusation serait faux ou incomplet. L’entourage du Gouverneur soutient l’existence d’un rapport final authentique, récemment remis au Gouverneur, issu d’une mission de contrôle menée dans la province.
D’après cette version, le rapport final de l’IGF, signé par l’Inspecteur général chef des services et transmis également au Président de la République, ne conclurait à aucun détournement, mais relèverait uniquement des observations assorties de recommandations. L’entourage du Gouverneur se réserve d’ailleurs le droit de rendre public ce document au moment opportun.
Dans ce contexte, l’opinion publique reste divisée et attentive. La poursuite de l’instruction judiciaire est très attendue, car elle permettra de déterminer si le dossier sera classé sans suite, au regard des éléments contenus dans le rapport évoqué par le Gouverneur, ou s’il aboutira à une mise en accusation formelle devant la Cour de cassation, appelée à siéger comme juridiction de jugement.
En attendant la notification officielle, le Gouverneur Grâce Bilolo avait choisi de regagner la province afin de poursuivre son travail à la tête de l’exécutif provincial. Mais aussitôt arrivé, la Cour de cassation lui a notifié l’invitation à comparaître pour le lundi 09 février 2026, afin de présenter ses moyens de défense.
Pour son entourage, il s’agit d’un processus légal qui suivra son cours normal. Ceux-ci se disent confiants et affirment que le Gouverneur sortira lavé de toutes les accusations et poursuivra sa mission à la tête du Kongo Central. Malgré les controverses et les débats parfois passionnés entretenus autour de ce dossier, l’heure est désormais à la justice.
Alors que Martin Solo confirme la disponibilité et la présence du Gouverneur devant la Cour de cassation, tous les regards sont désormais tournés vers ce lundi décisif, qui pourrait marquer un tournant majeur dans la carrière politique de Grâce Bilolo et dans la gouvernance du Kongo Central.
Par Bosco KIAKA

