Lors de la plénière consacrée au projet de loi de finances 2026, ce mardi 18 novembre, l’honorable Brigitte Nkembi, députée nationale élue de Songololo, a une fois de plus pris la parole pour dénoncer avec force la réintroduction des compteurs électriques prépayés par la Société Nationale d’Électricité (SNEL) dans plusieurs localités du Kongo Central, notamment Songololo et Kimpese.
La parlementaire a présenté une motion d’information pour alerter l’Assemblée nationale et interpeller le gouvernement sur un dossier qui, selon elle, menace la stabilité sociale dans sa circonscription.
« La population de Songololo n’est pas d’accord ! »
Face à la Première ministre Judith Suminwa, au ministre de l’Énergie et aux membres du gouvernement présents, Brigitte Nkembi a rappelé avec fermeté le rejet unanime exprimé par sa base :
« La population de Songololo n’est pas d’accord avec le courant prépayé. Elle est déjà pauvre, et vous venez lui imposer une facture qu’elle ne saura même pas payer ! »
Elle a souligné que cette décision de la SNEL est mal accueillie parce qu’elle n’a pas été précédée d’une concertation avec les populations concernées, déjà fragilisées par une situation économique difficile.
Une motion d’information pour prévenir une nouvelle crise
Dans sa motion lue devant ses collègues, la députée a rappelé l’historique du dossier :
« Le 07 mai 2025, j’avais présenté à cette Assemblée une note d’information sur la situation de la population de Kimpese face à l’introduction des compteurs prépayés de la SNEL. Aujourd’hui, je reviens sur ce dossier afin de souligner la persistance des inquiétudes et la nécessité d’un suivi attentif. »
Elle a expliqué que les habitants de Kimpese et de Songololo expriment des craintes légitimes liées au manque de concertation, au contexte économique précaire, et au traumatisme causé par des épisodes de tension enregistrés dans le passé autour de ce même sujet.
L’élue a rappelé qu’en janvier 2024, ce dossier avait entraîné des événements tragiques, coûtant la vie à plusieurs citoyens. Elle a ainsi insisté sur l’importance de la prudence :
« L’histoire récente nous oblige non pas à raviver la psychose, mais à exercer la vigilance que donnent la mémoire et la responsabilité. »
Elle a cité le Grand Maître Ne Muanda Nsemi :
« Soyons prudents et lucides : les affaires du monde comportent une part humaine et une part de souffrance. »
S’appuyant sur les articles 58 et 5 de la Constitution, Brigitte Nkembi a rappelé qu’il est du devoir des représentants du peuple de protéger les citoyens et de prévenir toute tension sociale.
Elle a annoncé qu’elle déposera une question orale avec débat, convoquant le Ministre de l’Énergie et le Directeur Général de la SNEL pour qu’ils éclairent l’Assemblée sur :
la procédure suivie pour la réintroduction des compteurs prépayés, les garanties offertes aux populations, les mesures prévues pour un approvisionnement électrique fiable.
Cette initiative vise, selon elle, à éviter une nouvelle crise dans sa circonscription et à assurer un accès équitable et durable à l’électricité.
La députée a rappelé que l’électricité desservant cette partie de la province provient directement des ressources du Kongo Central, ce qui justifie l’attachement des communautés à une gestion équitable :
« Le courant que la SNEL veut imposer appartient aux habitants du Kongo Central », a-t-elle martelé.
Pour Brigitte Nkembi, imposer le prépayé est une démarche déconnectée des réalités économiques : les ménages vivent dans la précarité, le système prépayé est difficile à comprendre et à gérer, et il risque d’accentuer l’exclusion énergétique des familles les plus pauvres.
« On impose à une population pauvre un système qu’elle ne maîtrise pas », a insisté la députée, appelant le gouvernement à suspendre immédiatement ce projet.
Cette intervention marque la continuité d’une lutte que la députée mène depuis plusieurs années. Elle avait déjà interpellé les autorités lors du mandat précédent, et regrette que la nouvelle direction de la SNEL relance un dossier pourtant jugé sensible et potentiellement conflictuel.
Par Bosco Kiaka

