Kisantu, située dans le territoire de Madimba, au Kongo Central, fait face à des difficultés d’accès aux professionnels de santé spécialisés. Pour Claude Nkoka Mampuya, Secrétaire général de l’ONG Action pour la protection des enfants et des femmes, cette réalité doit être prise en compte dans la réflexion sur l’application des dispositions légales relatives à la contraception irréversible.
Selon lui, dans certains villages éloignés du territoire de Madimba, un seul médecin peut être appelé à répondre aux besoins de toute une communauté. Dans ces conditions, réunir les trois médecins ainsi que le psychiatre prévus par l’article 81 de la loi relative à la santé publique peut devenir particulièrement difficile. « Dans tout le territoire de Madimba, nous n’avons pas de psychiatre », fait observer le responsable de l’ONG.
Cette situation se reflète également dans le travail réalisé par son organisation. Pour accompagner les femmes qui viennent solliciter une assistance ou présenter leurs situations, l’ONG fait notamment recours à des enquêteurs sociaux formés par le ministère des Affaires sociales. Ces derniers contribuent à l’accompagnement des cas, mais restent eux-mêmes limités en nombre et en moyens face aux besoins des populations.
Claude Nkoka Mampuya estime ainsi qu’il existe une nécessité d’adapter la loi aux contextes actuels, en tenant compte des réalités de terrain, notamment dans les zones rurales où l’accès aux médecins et aux spécialistes demeure difficile.
Réagissant à cette question, le Dr Chastel Buta, médecin des hôpitaux et intéressé par les questions liées aux avortements non sécurisés et à l’utilisation des méthodes contraceptives, estime que Madimba n’est pas encore suffisamment préparé à la pratique de la contraception irréversible.
Selon lui, le principal obstacle n’est pas l’absence de médecins, mais surtout le manque de structures dédiées et d’un cadre légal clairement établi, ce qui peut susciter des craintes chez les praticiens quant à d’éventuelles poursuites judiciaires.
Le Dr Buta appelle ainsi les autorités compétentes à se pencher sur cette question, afin de mettre en place un cadre approprié permettant aux professionnels de santé d’assurer ces services dans des conditions sécurisées, légales et conformes aux normes en vigueur.
La contraception irréversible concerne notamment la ligature des trompes chez la femme et la vasectomie chez l’homme. Étant une méthode définitive, elle nécessite une décision libre et éclairée ainsi qu’un accompagnement médical approprié.
À Kisantu, dans le territoire de Madimba, cette question met en évidence les défis liés à l’accès aux soins spécialisés, particulièrement pour les populations vivant dans les villages éloignés. Pour Claude Nkoka, les réalités de ces communautés doivent être prises en considération dans toute réflexion sur l’évolution du cadre légal.
Marley Mamona

