Kisantu| Vendue à 5 000 francs congolais la boîte, la pommade « Bome Françoise » gagne progressivement en visibilité dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo, notamment à Kinshasa et dans la province du Kongo Central. Le Bome François est un baume thérapeutique populaire originaire du Cameroun, lancé en 2021. Composé principalement de menthol, de camphre, d’eucalyptus et d’huile de paraffine, il est largement utilisé en application locale pour soulager le rhume, la toux, la congestion nasale ainsi que les douleurs musculaires et articulaires, fait également l’objet d’un important buzz sur les réseaux sociaux.
À Kisantu, dans le territoire de Madimba, KongoFutur.info a rencontré le samedi un jeune vendeur de ce produit, identifié comme Jérémie, qui a expliqué à notre rédaction les conditions de commercialisation, le fonctionnement de l’équipe de vente ainsi que les arguments utilisés pour promouvoir cette pommade auprès de la population.
Une pommade présentée comme polyvalente
Selon Jérémie, la pommade « Bome Françoise » est présentée par ses vendeurs comme un produit traditionnel pouvant être utilisé pour soulager différents problèmes et douleurs du corps.
Il cite notamment, dans les arguments commerciaux autour du produit, les douleurs dorsales, la fatigue, les problèmes d’estomac, les hémorroïdes, les douleurs dentaires, certaines difficultés sexuelles ainsi que des symptômes associés à plusieurs maladies courantes.
Le vendeur explique que cette réputation serait liée à la composition du produit, qui comprendrait plusieurs plantes et substances traditionnelles, parmi lesquelles le makasu, le moringa et le tangawisi, mélangés à d’autres produits naturels.
Ces affirmations relèvent toutefois des explications données par les vendeurs et ne constituent pas, à elles seules, une preuve médicale de l’efficacité de la pommade contre ces différentes maladies.
« Il suffit de l’appliquer sur la partie douloureuse »
Interrogé sur le mode d’utilisation, Jérémie affirme que l’utilisateur doit appliquer une petite quantité de la pommade sur la partie du corps concernée, à plusieurs reprises.
« Après l’avoir acheté, vous appliquez une partie là où vous avez mal », explique-t-il, estimant que les résultats seraient rapidement perceptibles.
Le vendeur assure également que le produit ne présenterait, selon lui, « aucun danger ni inconvénient » pour les utilisateurs.
Cette affirmation reste néanmoins celle du vendeur. L’absence de danger et l’efficacité d’un produit destiné à traiter différentes affections doivent être établies par les autorités et les organismes compétents, notamment à travers les contrôles et évaluations réglementaires appropriés.
Une stratégie de vente très visible dans les rues
À Kisantu, les vendeurs de la pommade sont facilement reconnaissables. Ils se déplacent partout dans les avenues notamment avec des chapeaux rouges, des polos ou « Lacoste » rouges et des mégaphones, utilisés pour attirer l’attention des passants et présenter le produit.
La stratégie repose essentiellement sur la vente directe sur le terrain. D’après Jérémie, les journaliers sont rémunérés en fonction de leurs résultats commerciaux. Les revenus peuvent, selon les performances annoncées, atteindre 100 000, 150 000 voire 200 000 francs congolais, auxquels s’ajouteraient 5 000 francs congolais par jour pour le transport et la nourriture en province.
De Matadi vers les territoires du Kongo Central
Toujours selon le jeune vendeur interrogé par KongoFutur.info, l’activité aurait d’abord été implantée à Matadi, chef-lieu du Kongo Central, avant de s’étendre progressivement vers les différents territoires de la province.
La société chercherait ainsi à développer un réseau de vendeurs dans les différentes zones de la province afin d’assurer la distribution de la pommade.
Sur le plan de l’emploi, Jérémie affirme qu’aucune qualification particulière ne serait exigée pour rejoindre l’équipe. Les candidats doivent principalement se présenter au bureau de la société et faire preuve, selon lui, de sérieux, de confiance, de motivation et d’engagement.
L’entreprise mettrait ainsi en avant la création d’opportunités d’activités pour les jeunes Congolais à travers la vente sur le terrain.
Un spot annonceur devenu viral
Au-delà de la commercialisation, c’est surtout la publicité de la pommade « Bome Françoise » qui a contribué à sa popularité sur les réseaux sociaux congolais.
Un spot en lingala répète notamment :
« Salela toujours pomade Bome Françoise pona kobikisa ba maladies nyonso oyo oza na yango », une phrase que l’on peut traduire par : « Utilisez la pommade Bome Françoise pour guérir toutes les maladies dont vous souffrez. »
Cette promesse très large a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Entre commentaires, interprétations et critiques, le message publicitaire est rapidement devenu un sujet de discussion parmi les internautes congolais.
Un produit qui continue de gagner en popularité
Avec son prix de 5 000 FC, son mode de vente directe et une communication particulièrement agressive sur le terrain, la pommade « Bome Françoise » semble gagner progressivement en notoriété auprès du public.
Selon les informations communiquées à notre rédaction par le vendeur rencontré à Kisantu, le produit aurait fait l’objet de contrôles auprès des services compétents avant sa commercialisation en RDC, notamment au niveau de l’Office congolais de contrôle (OCC). Cette information, ainsi que la conformité réglementaire et les éventuelles autorisations sanitaires du produit, mériteraient toutefois d’être vérifiées directement auprès des autorités compétentes.
Pour l’heure, le phénomène Bome Françoise poursuit son expansion, entre succès commercial, promesses thérapeutiques et polémique sur les réseaux sociaux.
KongoFutur.info continuera à suivre l’évolution de cette affaire et à rechercher davantage d’informations sur la fabrication, la composition, la réglementation et les conditions de commercialisation de ce produit en République démocratique du Congo.
Bosco kiaka










