À Kisantu, dans le territoire de Madimba (province du Kongo-Central), le manque d’éducation et d’autonomisation des filles a des conséquences directes sur leur santé sexuelle et reproductive. Grossesses précoces, tabous et recours à des avortements non sécurisés soulignent l’urgence d’informer et d’accompagner les adolescentes.
Des chiffres qui interpellent
Près de 90 naissances pour 1 000 adolescentes âgées de 15 à 19 ans sont encore enregistrées en République démocratique du Congo, selon le Rapport UNFPA RDC 2025 sur la situation des adolescentes et jeunes. Une adolescente sur trois devient mère avant ses 20 ans, et plus de 60 % des filles n’ont pas accès à une information complète sur la santé sexuelle et reproductive, y compris les méthodes contraceptives et la prévention des grossesses non désirées.
Des parcours de vie marqués
Pour Grâce, 23 ans, le souvenir de sa première grossesse à 16 ans reste vivace. Elle se souvient : « Je ne savais rien des méthodes de protection. Le jeune homme avec qui j’étais n’avait pas plus d’information que moi. J’étais seule face à une situation qui allait déterminer le reste de ma vie. Cette expérience m’a fait comprendre combien l’éducation et l’autonomisation sont essentielles. »

Mireille, 19 ans, raconte à son tour sa peur lorsqu’elle a découvert qu’elle était enceinte à 17 ans. « Je ne savais même pas qu’il existait des solutions sûres pour me protéger. J’étais totalement perdue et j’ai pensé à un avortement non sécurisé. Heureusement, j’ai pu obtenir du soutien à temps, mais cette expérience m’a laissé des séquelles et m’a appris combien l’information et l’autonomie sont cruciales. »
Les voix des professionnels
Au centre de santé de Kintanu, le Docteur Émile constate chaque jour les conséquences du manque d’information. Selon lui, « la majorité des filles que nous recevons ne sont pas suffisamment préparées pour prendre soin de leur santé sexuelle. L’autonomisation est le moyen le plus sûr pour faire des choix éclairés et éviter les grossesses précoces ».
Claude Nkoka Mampuya, secrétaire général de l’ONG Action pour la protection des enfants et femmes (APEF), explique que l’éducation dépasse la simple information. Pour lui, chaque accompagnement permet aux adolescentes de « comprendre leur corps et décider de leur vie ».

Thérèse Lutumba, enquêtrice sociale au Parlement des enfants et des jeunes, insiste sur l’importance de briser les tabous : « Trop de filles grandissent avec la peur de parler, l’ignorance et de mauvaises informations. Leur donner confiance et connaissance, c’est leur permettre de prendre des décisions responsables et de se protéger. »
L’ONG APEF : un soutien concret et accessible
Depuis plus de dix ans, l’ONG Action pour la protection des enfantset de la femme (APEF) accompagne les jeunes filles et femmes à Kisantu. Dans ses locaux, les adolescentes peuvent poser leurs questions, recevoir des conseils sur la santé sexuelle et reproductive, et être orientées vers des solutions adaptées. L’ONG offre un environnement sécurisé et confidentiel pour comprendre leurs droits et s’autonomiser.
Pour contacter l’équipe, un simple mail à apefong17asb@gmail.com ou un appel au 0821694788 ou au 0852514739 suffit pour obtenir soutien et information.

Agir pour l’avenir des filles
Le déficit d’information et d’autonomisation entraîne des conséquences concrètes : interruptions scolaires, grossesses précoces, pressions sociales, recours à des avortements non sécurisés et séquelles psychologiques.
Chaque initiative d’éducation et de soutien crée un fil reliant santé sexuelle et autonomie. Grâce à l’information, à l’accompagnement et à l’accès à des structures comme l’APEF, les jeunes filles peuvent enfin prendre des décisions éclairées, protéger leur santé et envisager un futur plus sûr.
Marley Mamona






